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  • : Société de Vie Evangélique du Coeur de Jésus
  • : Permettre aux membres de la SVE de la famille COR UNUM qui fait partie de l’Eglise Catholique et à tous les internautes qui le désirent de partager nos rencontres et notre projet de vie.
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27 septembre 2016 2 27 /09 /septembre /2016 14:17

Cet entretien exclusif avec le cardinal Martini réalisé en 2006 par les équipes du "Jour du Seigneur" et de "Croire Aujourd'hui" résume bien l'espérance pour l'Eglise portée tout au long de sa vie par l'ancien archevêque de Milan.

Que signifie pour vous être chrétien en ce début du XXIe siècle ?

Je pense que c’est vivre l’Évangile ; c’est vivre comme Jésus. C’est la même chose qu’il y a deux mille ans. Cela signifie qu’il faut interpréter l’Évangile afin de comprendre ce qu’il requiert de nous aujourd’hui. Mais c’est le même principe : être comme Jésus, aimer comme il a aimé, aider les autres comme il les a aidés. Aimer le Père. Aimer le monde. Donner sa vie comme il l’a donnée. C’est la substance de l’être chrétien.

N’est-ce pas vivre l’esprit des Béatitudes ?

Oui. Mais il faut aussi se laisser guider par l’Esprit Saint, c’est-à-dire ne pas vouloir répéter d’une manière absolue les faits et les paroles de Jésus, mais laisser l’Esprit, donné par Jésus ressuscité, nous apporter la joie, le courage, la créativité pour voir ce que signifie vivre ces paroles aujourd’hui. Le Saint-Esprit pousse toujours à la nouveauté.

L’enjeu pour les chrétiens est donc de laisser le Christ venir dans leurs existences ?

Oui, et le Christ vient en envoyant l’Esprit Saint. Il ne faut pas séparer les deux. Le Christ ressuscité envoie l’Esprit Saint et celui-ci donne le sens. Le sens de ce qui est selon l’Évangile, on ne peut pas toujours le déduire de manière rationnelle. C’est ce que dit saint Ignace lorsqu’il parle du discernement des esprits (1) : il s’agit de discerner les esprits pour nous aider à vivre l’Évangile.

Comment peut-on se disposer à recevoir cet esprit du Christ et à en vivre ?

Comme c’est un don, on ne peut pas l’obtenir, on ne peut pas l’acheter au marché. Il faut le demander humblement. Savoir qu’on ne l’a pas, et méditer longuement sur les pages de l’Évangile. Cette affinité, cette familiarité nous met alors en communion avec l’Esprit Saint, avec l’esprit du Christ qui va nous aider à choisir la chose juste. Beaucoup de gens aujourd’hui, croyants ou non croyants, ont très peur de choisir, de s’engager dans quelque chose de définitif. Ils ont du mal aussi à faire des choix libres, ils sont comme portés par les événements.

Je crois, avec saint Ignace, que l’Esprit saint a une mission pour chacun de nous. Cette mission évolue. En ce qui me concerne, ma mission cette année n’est pas la même que l’année dernière. À chacun de la découvrir et de la redécouvrir. Cela ne se fait pas par un exercice de parole, d’exhortation, d’explication, mais par la fréquentation de la Bible qui nous permet d’entrer dans le dessein de Dieu. Parce que la Bible nous met dans le monde de Dieu. La Bible et les Excercices spirituels nous aident à surmonter nos difficultés à choisir, et aussi à faire des choix libres pour nos vies.

Comment l’identité chrétienne, dans ce monde, doit-elle être visible ?

Je ne me préoccupe pas tellement de la visibilité du chrétien parce que je pense que si le chrétien vit le sermon sur la Montagne, il est visible. La lumière du monde, ce n’est pas une lumière comme dans les grandes représentations, mais celle qui vient de la foi, de l’espérance, de la charité et du pardon, de l’humilité. C’est cela la visibilité de l’Église. C’est ce que l’on pourrait appeler le "milieu divin", c’est-à-dire le royaume de Dieu en nous et dans notre vie. Cela comporte aussi bien sûr une visibilité de l’Église hiérarchique, du Pape, des évêques... J’ai été évêque longtemps, je connais bien cela, mais je n’ai jamais été préoccupé de cette visibilité. J’ai toujours pensé que la visibilité la meilleure est celle qui découle de l’Évangile vécu.

Néanmoins la question se pose pour les chrétiens, on le voit par exemple aux JMJ. Le fait d’être ensemble, de manière un peu démonstrative, est important.

Oui, le fait d’être ensemble donne du courage, mais il ne faut pas pour autant croire que parce que nous sommes nombreux ensemble nous avons raison. Il faut toujours être ensemble mais avec le sens de l’Évangile. C’est mieux d’être peu selon l’Évangile que d’être nombreux sans l’Évangile. J’aime les grands rassemblements. Je les ai vécus moi-même, je les ai promus aussi. Mon diocèse est un grand diocèse. Il était facile de rassembler cinquante mille, voire quatre vingt mille personnes mais il ne faut pas être dupe de telles initiatives. Il faut les faire avec une préparation et un suivi. Sinon, tout cela reste en l’air.

Se pose la question de l’évangélisation.

Ce n’est pas simple. Je pense que c’est une question sur laquelle il faudrait discuter longtemps, parce qu’il y a des milieux qui sont comme clos, fermés à l’évangélisation : l’Inde, le monde musulman, le monde juif... Là, on peut difficilement proclamer l’Évangile. Mais évangéliser, ce n’est pas seulement proclamer, c’est aussi vivre l’Évangile. Et le faire circuler comme par contagion... Dans des milieux où l’hostilité à l’Évangile est le résultat d’une histoire longue et pénible, on peut le manifester par des actes sans forcément le dire explicitement, d’une manière qui serait immédiatement réfutée ou rejetée. Il faut faire comprendre que l’Évangile est un bien pour la vie de toute personne. Quand je lis le sermon sur la Montagne, par exemple, je me demande bien en quoi ce texte est confessionnel. Il s’adresse à tout le monde. Certains textes s’adressent plutôt aux chrétiens, mais la plupart touchent des couches de l’âme qui sont en chacun : ne pas s’accaparer la gloire de ce que l’on fait ; ne pas accumuler les richesses dans ce monde ; pardonner... Cela concerne aussi les personnes qui ne croient pas en Dieu, des bouddhistes, des musulmans...

Cela pose aussi la question de l’équilibre entre engagement ecclésial et engagement social, politique, associatif...

C’est vrai. C’est un équilibre difficile. J’ai toujours insisté pour qu’il y ait des gens qui se donnent davantage au service de l’Église, et d’autres qui se donnent plutôt à la vie politique et sociale etc. Je pense que cette diversité d’engagements est très saine pour l’Église, mais le sens en est toujours le même. Il s’agit de porter l’Évangile partout, dans tous les milieux, et de manières différentes.

En 1999, lors du Synode européen, vous aviez osé parler de "rêve" à propos de questions importantes pour l’Église. Où en sont vos rêves aujourd’hui ?

Il y a longtemps que j’ai dit cela. J’ai un peu changé parce que en ce temps-là j’étais comme Moïse qui combattait dans la plaine. Maintenant je suis plutôt comme Moïse qui prie sur la montagne. Je ne regarde plus les choses comme avant. Auparavant je tenais beaucoup à certaines choses pour l’Église, aujourd’hui je prie surtout pour l’Église.

Mais je peux encore répéter quelque chose que j’ai déjà dit : j’aimerais beaucoup voir la Bible être le livre de chevet de chaque chrétien. Je voudrais aussi que dans l’Église, il y ait une réconciliation et une collaboration entre les paroisses et les mouvements. Je voudrais surtout qu’il y ait la possibilité dans l’Église de discuter ouvertement et librement de certains problèmes, qui sont renvoyés de synode en synode. Je pense par exemple à la question des divorcés remariés, et à différentes questions concernant le mariage. (...)

Je pense qu’il faudrait réviser beaucoup de ces choses. Mais je n’invoque pas un concile Vatican III, parce que cela donnerait l’impression de vouloir aborder des questions fondamentales. Cela, on le fait tous les deux cents ans. Mais tous les vingt ans, tous les trente ans, on pourrait rassembler l’Église avec des synodes particuliers, puis peut-être un synode plus général, et mettre alors sur la table un ou deux problèmes concrets, et les résoudre vraiment, afin de ne pas les laisser en suspens pour les générations futures.

Pensez-vous que l’Église aujourd’hui puisse relever tous ces défis ? Est-elle suffisamment solide et souple ?

L’Église a toute la force de l’Esprit saint pour affronter ces enjeux. Cela passe par certaines attitudes. Avant tout, la synodalité et la communion. Ensuite, l’Église doit donner l’exemple d’une grande miséricorde. Je pense qu’elle pourrait faire davantage dans ce sens. Elle en a tout le pouvoir par Jésus. Enfin, je parlerais de responsabilité. Responsabilité commune avec les autres confessions, les autres religions et tous les gens, les hommes et les femmes de bonne volonté, pour faire face aux grands problèmes du monde.

Il y a une préoccupation qui revient beaucoup chez les chrétiens, celle des vocations. Comment percevez-vous cet enjeu ?

C’est un enjeu fondamental, surtout pour l’Europe. Il est bon d’insister sur les vocations comme elles sont aujourd’hui, mais il faut avoir aussi le courage d’envisager d’autres possibilités, et de réfléchir dans quel sens l’Église peut donner des ministres de l’eucharistie à tous ceux qui le désirent et qui en ont le droit. Je pense que de tels changements dans l’Église n’adviennent pas par décret mais se font lentement... lorsqu’on n’y résiste pas trop.

La spiritualité Ignatienne invite à la relecture. Qu’est-ce qui, dans tout ce que vous avez vécu, vous semble le plus important ? Qu’est-ce qui a sous-tendu toute votre action ?

Si je dois employer un seul mot, je dirai "l’intériorité", c’est-à-dire voir que les grandes valeurs ne sont pas celles qui sont très éclatantes, mais celles qui sont vécues dans le cœur, qui changent le cœur de l’homme. Et avec ce changement, tous les autres changements s’en suivent.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 12:00

Programme du Forum - Orsay - 19 et 20 novembre 2016 -

Samedi

- 11h30-13h45 : accueil, règlement des frais et installation. Il n’y a pas de restauration à midi. Apportez votre pique-nique si vous le désirez. Une salle sera à disposition.

- 14h : ouverture du Forum.

- 14h15 : temps de prière autour de la paix.

- 14h30 : intervention de René Valette, professeur émérite de l’Université catholique de Lyon : « Approche géopolitique de la paix ».

- 16h-16h30 : pause-café.

- 16h30 : ateliers.

- 18h00-18h30 : pause.

- 18h30- 19h : temps de prière dans la salle.

- 19h15 : repas.

- 20h30- 22h: soirée avec Françoise Keller et Edith Mallecourt : « La non-violence dans nos relations. »

- 22h : boissons, coucher.

Dimanche

- 7h45 : Laudes.

- 8h15 : Petit déjeuner.

- 9h-9h45 : apport biblique et théologique avec Soeur Claire Patier : « La Paix dans la Bible ».

- 9h45-10h30 : 6x6 et débat.

- 10h30-11h: pause.

- 11h: Eucharistie.

- 12h15 : apéritif et repas.

- 14h-15h30 : Carrefours : « Qu’est-ce que je vis par rapport au thème et à quoi je me sens appelé(e) dans mon milieu de vie ? »

- 15h30 : Nouvelles.

- 15h45 : Evaluation.

- 16h : Envoi et prière.

- 16h30 : Fin

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 09:33

Joseph DERMAUT......................Monique BARRERE.............................. Nuno FERNANDES​.................. Christophe DECHERF

Membre.......................................Secrétaire générale................................Responsable général ...............Membre

​Prêtre............................................Laïque, retraitée..................................... Laïc, retraité................................Prêtre

___________________________________________________________________________________________________________

___________________________________________________________________________________________________________

...................................................................................................................Gwennola RIMBAUT.......................Christian PICARD

...................................................................................................................Assistante générale ...................... Trésorier général

​............................................................................................................Laïque, Maître de conférences.................Diacre permanent

Conseil Général de la Société de VIe Evangélique du Coeur de Jésus
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 14:22

« Où est ton frère ? » est la question sur laquelle revient le Pape François dans son livre1 à propos des migrants et des réfugiés. Cette question nous vient de la nuit des temps, elle s’inscrit dans le récit de Genèse (Gn 4,9), elle est reprise dans le Nouveau Testament sous la forme : « Et qui est mon prochain ? » (Lc 10, 29), elle nous est toujours adressée.

Prendre en compte la question des déplacements de populations

La situation mondiale actuelle rend aigüe la question du déplacement de millions de personnes sous l’aiguillon de la misère, de la guerre, du climat. Des études2 montrent en effet l’accroissement du nombre numérique de personnes déplacées et la possibilité réelle d’une aggravation dans les décennies à venir suite aux problèmes climatiques. Nous oublions vite en Europe les dégâts causés par les tornades (par exemple l’ouragan « Mitch » au Honduras, en 1998, a déplacé 20% de la population) ou les tsunamis en Asie. Nous passons vite sur les difficultés des populations sous des régimes dictatoriaux même si actuellement les médias ont mis en avant le drame de l’exode des Syriens.

Le Pape François insiste sur le fait que la mondialisation se caractérise par le fait de l’émigration qui n’est plus un phénomène sporadique et limité mais bien permanent. Les déplacements de populations sont aujourd’hui massifs, à l’intérieur d’un pays, d’un continent, ou plus largement entre continents. Les causes de ce phénomène ont beau être connues et déplorées, l’arrivée d’étrangers provoque très souvent des effets de peurs, de repli, de racisme et de xénophobie dans les pays d’accueil. L’autre, l’étranger devient vite le « bouc émissaire » de nos propres difficultés : chômage, bas salaires, délinquance… Ce qui vient de se passer dans la ville de Cologne au moment du réveillon (31 décembre 2015) en est un exemple révélateur : les émigrés syriens ont été désignés responsables des agressions sexuelles sur des femmes allemandes alors que l’enquête policière prouve qu’il ne s’agit que d’un cas ou deux parmi un ensemble de délinquants occidentaux !

Comment réagir pour accueillir ces personnes ? Les différents messages du Pape pour la « Journée mondiale du migrant et du réfugié » nous donnent des éléments précis pour nous situer en disciple de Jésus-Christ dans ce contexte.

Oser regarder pour vivre la miséricorde

La plupart d’entre nous vivent un sentiment d’impuissance face à ces phénomènes d’émigration et finissent par ne plus se sentir responsables des situations d’accueil dégradant vis-à-vis des émigrés ou réfugiés. Du coup, il est facile de tomber dans une certaine indifférence pour se protéger du sentiment de culpabilité qui pourrait naître. Pourtant tout chrétien (et tout humain) est appelé à regarder autour de lui en se laissant toucher « jusqu’aux entrailles » par ces situations d’inhumanité. Telle est l’attitude de Jésus qui voit la souffrance d’autrui, se laisse toucher par elle et agit en conséquence. Telle est l’attitude du Bon Samaritain racontée par Jésus en réponse à la question : « Et qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37). Ces trois moments (voir-se laisser atteindre par la souffrance d’autrui-agir) constitue le mouvement même de la miséricorde que l’on peut nommer aussi « compassion active ». Cela suppose de commencer par regarder et voir, par porter une attention volontaire aux personnes laissées pour compte dans le monde, dans nos sociétés. Comment nous laisserions-nous toucher pour agir si nous ne pratiquons pas cette ouverture des yeux et du cœur ?

Loin de se blinder contre la souffrance d’autrui, tout chrétien est appelé à vivre cette dynamique de la miséricorde qui nous vient de Dieu, qui s’est manifestée dans la venue de son Fils Jésus-Christ. La parabole du Bon Samaritain nous indique ce chemin où tout homme blessé devient notre frère en humanité, quelle que soit sa religion ou son statut. Le pape François commente ce passage biblique en nous prévenant : « Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle ; nous sommes tous tombés dans l’attitude hypocrite du prêtre et du serviteur de l’autel dont Jésus parlait dans la parabole du bon samaritain […]3 ». L’année de la miséricorde4 peut réveiller en nous cette attention à la souffrance d’autrui et à l’action (à la mesure de nos capacités).

Aller vers une culture de la rencontre

Pour aller plus loin, le Pape François nous invite aussi à dépasser la simple tolérance pour vivre une culture de la rencontre. En effet, accueillir l’autre, faire hospitalité à celui est hors de notre sphère familiale et amicale appelle une démarche concrète de rencontre dans ses trois dimensions d’intériorité, de réciprocité et d’altérité. Intériorité dans la mesure où quelque chose de personnel et de plus ou moins profond pourra s’échanger ; réciprocité dans le fait où chacun doit pouvoir donner et recevoir de l’autre pour échapper à une position dominante et unilatérale ; altérité par l’acceptation de la différence profonde qui existe entre les personnes surtout quand il y a des disparités de cultures. Ces trois éléments caractéristiques d’une vraie rencontre peuvent orienter notre manière d’entrer en relation. Notre projet de vie et vœu de « chasteté » nous y poussent : « La chasteté règlera [les] relations. Elle nous permettra de rester libres envers les personnes et de les respecter dans leur originalité. »(n° 128) . Désirer la rencontre revient à accepter de se laisser bousculer par l’autre, dans ses habitudes mais bien plus profondément dans ses convictions et préjugés. Oser la rencontre passe par un acte de confiance : l’autre à quelque chose à m’apprendre sur lui, sur le monde et sur Dieu et paradoxalement sur moi-même. Vivre la rencontre est une manière aussi d’accepter de s’engager pour l’autre car le partage des peines et des joies nous lie durablement et nous pousse à agir.

Vivre une culture de la rencontre revient à prendre le chemin parcouru par Jésus qui s’est fait proche de ceux qui étaient « perdus » aux yeux de la société de son temps. L’Incarnation et l’Alliance sont les mots théologiques de la rencontre de Dieu avec l’humanité. Pour nous, disciples de Jésus-Christ, la rencontre n’est pas optionnelle, facultative mais la voie de l’amour concret et incarné qui peut témoigner au monde de l’amour miséricordieux de Dieu.

Humaniser la condition de l’émigré, du réfugié

La rencontre interpersonnelle appelle une dimension plus collective dans l’engagement. Les visages concrets rencontrés nous invitent à penser à tous ceux que nous ne rencontrons pas mais qui connaissent le même déni de leur dignité et des droits humains les plus élémentaires. Les histoires singulières entendues nous parlent d’une condition d’émigré ou de réfugié insoutenable. Comment accepter qu’en France des familles avec enfants errent toute la journée dehors en attendant un hébergement de nuit qui leur sera bien souvent refusé faute de places ? Comment accepter que des solutions très couteuses et inadaptées (chambres d’hôtel pour les familles avec enfants) soient pérennisées au lieu d’un vrai travail de fond sur l’habitat social ou d’urgence ? Sans parler du travail clandestin qui tourne à l’esclavage moderne ainsi que du trafic d’êtres humains sur les routes de l’émigration. Ces réalités appellent une dénonciation vigoureuse et des propositions prophétiques.

Devant ce constat, le pape François met tout son poids pour une évolution des lois et des normes internationales : «Cela exige : un engagement renouvelé en faveur de la dignité de toute personne ; une application plus déterminée des normes internationales de travail ; la planification pour un développement centré sur la personne humaine en tant que protagoniste central et principal bénéficiaire ; une réelle réévaluation des responsabilités des sociétés multinationales dans les pays où elles opèrent, y compris dans les secteurs de la gestion du profit et de l’investissement ; et un effort pour encourager les gouvernements à faciliter les déplacements des migrants pour le bien de tous, en éliminant de cette manière la traite des êtres humains et les conditions de voyage dangereuses5. »

Quelles actions pouvons-nous mener nous-mêmes ? De nombreux collectifs et associations mènent ce combat. Notre simple adhésion ou contribution plus concrète nous permet d’être acteurs, voire militants. La simple présence dans un « Cercle de silence6 » est un acte de dénonciation prophétique mais à chacun de trouver son lieu et mode concret de participation en fonction de son âge, de ses forces et des possibilités locales existantes. L’important reste de ne pas se détourner de ceux qui restent sur le bord de la route et d’oser une parole publique avec d’autres…

Aller à la chair du Christ

Un monde fraternel sans exclus reste la visée de tout être de bonne volonté et de tout chrétien. Nous pouvons, la main dans la main, aller en ce sens, avec tous ceux qui ont ce désir chevillé au corps. Pourtant, en tant que disciple de Jésus-Christ nous nous sentons particulièrement appelés à contribuer à l’ « unité du genre humain » en regardant chaque personne comme un frère ou une sœur dans le regard de Dieu, Père de tous. « Nous sommes en effet une seule famille humaine qui, dans la multiplicité de ses différences, marche vers l’unité, en valorisant la solidarité et le dialogue entre les peuples »7. Cette perspective nous inscrit dans celle du Royaume promis dès ici-bas, elle nous ouvre à accueillir en chacun le Christ qui a voulu s’identifier tout particulièrement à ceux qui peinent et souffrent (Mt 25, 35-36). C’est pourquoi l’Eglise, Corps du Christ, ne peut être qu’ « une Eglise pauvre pour les pauvres [qui] commence par aller à la chair du Christ8 ». Cette chair du Christ est bien constituée de tous ces « rejetés » du monde dont les cris montent vers Dieu et habitent nos prières… Aller au Christ, vivre du Christ, passe par ceux qui sont au bord de la route.

Gwennola Rimbaut


1 Où est ton frère ? Bayard, 2015. Ce livre, préfacé par Jean-Claude Guillebaud, rassemble les paroles du Pape à propos de migrants et des réfugiés lors de ses multiples déplacements et pour différentes réunions en Eglise ou lors de rassemblements internationaux.

2 Coloquio Internacional Asia-America Latina : Comprender los desplazamientos de poblacion. FIUC, 2012.

3 Ibid., p. 34.

4 Cf. le dernier numéro COR UNUM : « Heureux les miséricordieux » , janvier-février 2016.

5 Message du 2 mai 2014 à l’occasion de la 103ième conférence de l’organisation internationale du travail (OIT). Cité dans le livre « Où est ton frère ? », p. 89.

6 Les Cercles de silence ont été initiés par les frères franciscains de Toulouse en 2007 et regroupent des associations qui militent dans la non-violence pour le respect de la dignité des personnes migrantes, réfugiées. Une heure par mois, les membres se tiennent en silence dans un lieu public avec des panneaux précisant les objectifs du rassemblement. Sont rassemblées des associations confessionnelles ou non comme la Cimade, le Secours Catholique, Vie Nouvelle, Le Secours populaire, Les Restos du cœur, etc.

7 Pape François. Où est ton frère ? p. 25.

8 Ibid., p. 18.

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 14:15

Avec Jésus naît une nouvelle conception de la fécondité : toute femme, tout homme peut devenir fécond non en enfantant mais en faisant la volonté du Père. Jésus vient bouleverser l’ordre de logique de la fécondité : l’homme n’est plus fécond parce qu’il engendre, il est fécond parce qu’il se reconnaît comme appartenant au Christ. Toute la vie du Christ est un témoignage à la fécondité qu'il a transmis à ses apôtres, au monde et à chacun(e) de nous.

Dans le langage courant, la fécondité est souvent comprise comme la capacité à avoir des enfants, à transmettre biologiquement la vie.

En fait la fécondité est plus large que la fertilité : elle ne se réduit pas à la biologie. Ceux qui n’ont pas d’enfant peuvent être extraordinairement féconds.

Qu’est-ce qu’être fécond alors ? C’est bien transmettre la vie, mais en un sens large : la partager avec d’autres, la faire découvrir, la faire aimer, la rendre belle. Comme chrétien, nous avons à soutenir ou susciter la fécondité de personnes qui ne semblent pas pouvoir être fécondes au premier abord. Je pense à tous les « sans voix », « les blessés de la vie »… Est-ce que notre regard, notre action peut susciter une fécondité chez des personnes dont on ne penserait pas qu’elles puissent être fécondes de par leur situation sociale, matérielle ?

On peut être fécond de multiples façons : bien sûr comme parent, en accompagnant ses enfants, mais aussi comme parrain, marraine, dans des relations d’amitié profonde et vraie, dans l’engagement d’une vie de couple, dans des engagements familiaux, associatifs, ecclésiaux, dans la vie sacerdotale, dans la consécration religieuse et séculière où un service des autres est vécu. Sans oublier la fécondité plus discrète des personnes âgées, malades, handicapées profondes...des personnes qui ne « font » pas, mais qui le « sont » par de tout petits signes, parce que la vie ne leur permet pas de « faire ». Vivre l’Evangile en plein monde est une fécondité accessible à tout un chacun.

Au fond, la fécondité vient d’un engagement dans une relation personnelle. La prière oriente et enrichit ma fécondité propre. Elle se découvre dans un lien où l’on donne et où l’on reçoit. Elle peut passer par des difficultés, des combats, des offenses, des pardons, offerts et reçus. Elle n’est pas forcément un long fleuve tranquille. Mais si l’on croit qu’il n’y a pas de bonheur authentique sans un certain don de soi et des liens vrais avec d’autres, être fécond est un besoin profond du cœur et de l’âme.

Ne pas avoir d’enfant peut être un manque profond, une souffrance qu’il n’est facile d’assumer. Se rappeler que l’on peut être fécond, même sans passer par une procréation, est alors important. Cela peut être un passage, une décision, un acte de foi à vivre avec Dieu.

En Famille Cor Unum, chacun est appelé à être fécond, à donner vie, à faire grandir. La vie vient de Dieu, elle est un cadeau. Il nous appelle à la partager. C’est à la fois la promesse d’une joie et une exigence de la foi. Pour autant, les chemins de la fécondité ne sont pas écrits à l’avance. Chacun(e) de nous est donc appelé à réfléchir à cette dimension de son existence : comment, aujourd’hui, je donne la vie autour de moi qui ouvre vers un avenir ?

Nuno Fernandes

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3 juin 2016 5 03 /06 /juin /2016 10:15

Chers amis,

Qu’en cette année de la Miséricorde, la Fête du Sacré-Cœur de Jésus avive notre désir de vivre davantage la miséricorde de Dieu dans la « Galilée des nations » « où le Seigneur nous précède » (Projet de Vie, 18).

Le Conseil général SVE

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8 mai 2016 7 08 /05 /mai /2016 14:56

Août 2014 / avril 2016

Ce que nous avons vécu de significatif depuis les assemblées fédérales de 2014.

1 - Orientations de l'assemblée générale de 2014.

2 - Comment avons nous vécu les Orientations de la famille et de la SVE.

3 - Le Conseil Général SVE.

4 - Un temps fort : la rencontre des responsables de régions, de fraternités,

des responsables de formation et des trésoriers.

5 - Nouvelles des régions à travers le monde.

6 - Renforcement des relations internationales.

7 – L'avenir.

8 - Finances : budget prévisionnel SVE 2016.

9-Au sein de la Famille Cor Unum.

___________________________________________________________________________

1 - Orientations de l'assemblée générale de 2014

L’Engagement en SVE

Notre engagement se situe dans la dynamique des Béatitudes. La radicalité de la suite du Christ est première. L’engagement confirme et soutient le choix d’un art de vivre selon l’Évangile. Il répond au désir d’un lieu de vie spirituelle stable. Soyons attentifs à donner le temps d’une progressivité dans l’engagement et à nous réjouir des « petits pas » accomplis. Cette démarche se vit dans une liberté de cheminement et un accompagnement personnalisé.

L’engagement est appel et signe : la richesse de vivre en SVE est une joie et un émerveillement que nous sommes invités à partager. Il porte des fruits de vie pour nos proches, l’Église et l’humanité.

L’engagement définitif est don total à Dieu. Il vivifie la SVE dans son ensemble et contribue à son rayonnement. Il est ferment d’avenir.

L’Appel en SVE

A partir de notre engagement, soyons des éveilleurs, communiquons à notre entourage ce que nous sommes et voulons vivre. Osons livrer notre expérience spirituelle et fraternelle dans les différents collectifs et instances d’Église.

L’assemblée insiste sur la communication adaptée aux contextes régionaux et décide de créer un site internet.

En vue de favoriser l’appel, la communication et la visibilité, l’assemblée décide de promouvoir « Évangile en plein monde ».

2 - Comment avons nous vécu les Orientations de la famille et de la SVE :

Celles de la famille Cor Unum ont été appréciées par nos membres. Dans de nombreuses fraternités, elles ont été débattues en Famille. Elles vont bien dans le sens qu'exprime notre pape François d'annoncer l’Évangile aux périphéries avec beaucoup de « savoir être ».

Pour la SVE, il ressort des remontées que nous avons reçues et des échos de nos groupes : que les Béatitudes proclamées et vécues par Jésus soient notre source d’inspiration. Le suivre et l’annoncer à tous sont notre désir. Les Béatitudes sont au cœur de l'Évangile à la condition de retrouver Jésus-Christ vivant à travers chacune de ses paroles : un discours qui résonne dans les cœurs; des paroles qui sont toujours d'actualité, qui ont traversé les siècles; une révélation qui continue aujourd’hui même de bouleverser et de provoquer des changements de vie; une manière nouvelle d’envisager la relation à Dieu et avec le prochain; une grande bouffée d’air frais qui fait « virevolter les feuilles séchées » d’un légalisme décourageant; un appel à l'ouverture, au mouvement, à la transformation.

Nous savons bien que nous ne pourrons le vivre qu’en portant un amour de prédilection pour tous les hommes et femmes, nos frères et sœurs, les plus éprouvés particulièrement. Que la joie de l'Évangile nous anime tout au long de notre vie et que cette joie se vive dans nos groupes de partage.

La question sur la progressivité dans l'engagement est aussi débattue : cette démarche se vit dans une liberté de cheminement et avec un accompagnement personnalisé.

3 - Le Conseil Général SVE.

Notre Conseil : Nous sommes heureux de travailler ensemble. Nous avons choisi de fonctionner en partageant les responsabilités et surtout le suivi des groupes SVE à travers le monde. Il me semble important que cette dimension internationale soit portée par tout le Conseil. Nous avons la chance dans notre Conseil général SVE de représenter toutes les régions de France et Belgique. Sans être franco/belge et nous aurons l'occasion de le dire plus tard, chacun de nous est en contact avec sa région et nous savons facilement ce qui s'y vit.

La réflexion sur le document « l’Utopie de la communion ».

Nous vous rappelons le décret de reconnaissance par Rome de la SVECJ stipulant ‘’ que la spiritualité de communion, fondement de l’Association, soit « épiphanie de l’amour de Dieu » dans le monde et dynamise la mission sur les nouvelles frontières de l’évangélisation et du service de tout homme. ‘’ En Conseil, nous avons travaillé ce document, écrit par le groupe de travail de la SVE dont faisait partie Raymond Courcy dans le but d’approfondir la mission de la SVE.

4 - Un temps fort : la rencontre des responsables de régions, de fraternités, des responsables de formation et des trésoriers.

25 personnes en responsabilité se sont réunies à Paris chez les Filles du Cœur de Marie pendant tout un week-end d'avril 2015. Le but était que le nouveau Conseil Général et les responsables de France et de Belgique fassent connaissance, qu’il y ait rencontre entre tous.

Chaque personne a pu s'exprimer sur sa responsabilité. La liberté de parole a favorisé l'expression d'idées différentes. La connaissance mutuelle, les échanges très denses, l'implication de chacun dans les projets, la possibilité d’entendre et de partager ce qui est vécu dans les régions, dans les groupes, a permis de relancer des pistes pour dynamiser nos groupes. Cela amplifie le sens du service et de la responsabilité.

En s’appuyant sur « A la source de notre charisme » de Chantal Reynier, nous avons vécu un temps de réflexion et de partage autour de textes de Pierre de Clorivière choisis par Gwennola.

5 - Nouvelles des régions à travers le monde.

Nous avons le souci de maintenir et renforcer les relations avec les différentes régions du monde : échanges de courriels au moment des fêtes liturgiques ou à la suite d’événements vécus par les régions et les groupes SVE, comptes-rendus de rencontres, nouvelles.

Synthèse des réponses au questionnaire des régions SVE

Pérou :

32 membres. La SVE est bien intégrée et reconnue sur le plan ecclésial. Un contact a été pris avec l’archevêque, président de la Commission Episcopale du Pérou. Il existe un lien étroit avec quelques jésuites et un ancrage sur la vie du Père de Clorivière.

Vietnam :

45membres ( 9ED et en formation).En fait le questionnaire n’ayant pas été encore traduit nous n’avons pas vraiment de détails sinon que la passation de la responsabilité entre Joseph et Pierre s’est bien effectuée. Cependant, Pierre a envoyé un petit mot disant que l'animation des membres de la région du Vietnam est régulière et très bonne, qu’ils suivent de très près les documentations mensuelles provenant du généralat. L'organisation de la fête du 2/02/2015 a été faite en commun avec les frères célibataires et les sœurs célibataires, et le Père Pierre Cuong a présidé cette célébration. Cette année, il n’y a pas de candidat pour les vœux définitifs.

Inde :

2 groupes sont présents dans le sud de l'Inde : un groupe de 12 membres et une « communauté » d’une quarantaine de membres. Cette année, ils ont eu la visite d’Emmanuel Chazot, PCJ, en janvier et ont pu avoir les Projets de Vie SVE en anglais.

- Le groupe de laïcs où il n’y a pas de femmes, à Mananthavady, province du Kerala se retrouve autour du père Mathew Perumattikunnel. Le groupe note que le communautarisme grandit à cause de l‘influence du fanatisme, de la corruption politique et du chômage, que l’agriculture est en difficulté suite aux prix insuffisants, au climat, au manque de soutien de la part du gouvernement. Le message du pape François a été bien accueilli par de nombreux dirigeants de la société indienne. L’Église se développe (en Inde) au Kerala.

E. Chazot se demande quel est le niveau d’autonomie du groupe SVE par rapport au prêtre. Quelle est la liberté de parole ? Les anciens (50/60 ans) s’expriment, beaucoup parfois. Les jeunes (30/40 ans) se taisent et écoutent. En groupe PCJ comme en groupe SVE, la conversation vit tant qu’elle porte sur un sujet général ; si on essaie d’entrer dans un partage plus personnel, pudeur ou respect humain reprennent vite le dessus.

Mathew Perumattikunnel s’est plaint d’avoir demandé une aide financière pour la formation SVE et de ne pas l’avoir obtenue. Il avait également demandé à ce que José, un membre du groupe, soit invité à Fontenay, ce qui n’a pas été accepté. A voir pour 2020.

Le groupe de Trivandrum, la capitale du Kerala, avec Mgr Mathew Manakarakavil, vicaire général pour le diocèse de Trivandrum. Ce groupe SVE fonctionne dans une paroisse de la ville comme une « communauté de base » à la brésilienne, une sorte d’« assemblée paroissiale ». Il y avait quarante personnes, hommes, femmes et enfants. Ce sont des « Dalits », discriminés à la fois pour leur origine sociale et pour leur foi chrétienne. Emmanuel a présenté le Projet de Vie SVE. La parole était libre et la conversation animée. Une réunion a lieu chaque mois.

Les conversations informelles qu’il a pu avoir avec tel ou telle participant(e) lui ont montré qu’au-delà de la pauvreté du quartier, il y avait dans ce groupe des hommes et des femmes qui étaient éduqués et qui avaient voyagé. Il pense que l’on pourrait établir plus de liens que ce qui existe actuellement.

Mgr Mathew Manakarakavil souhaiterait également qu’un représentant de ce groupe SVE soit invité à la prochaine assemblée générale. Ce groupe rejoint les pauvres. Mais est-il vraiment un groupe SVE ? Correspond-il à ce que nous voulons vivre en Famille Cor Unum ? Comme dans le Nord, la relation très dépendante des laïcs au prêtre pose question.

A noter que les deux groupes sont de rite différent : syro-malabar à Mananthavady, syro-malankar à Trivandrum.

Togo : 8 membres. C’est le seul groupe structuré dans l’Afrique de l’Ouest ; tous les membres sont enseignants et jeunes (de 33 ans à 61 ans). Un seul engagement perpétuel ce qui pose question ainsi que l’ouverture à d’autres catégories sociales.

Madagascar : 50 personnes environ en trois fraternités dont nous avons reçu 2 rapports. Au nord comme au sud, la situation socio-économique est très pauvre d’où l’importance et la nécessité de soutenir leurs projets, de financer une part de leurs déplacements. La formation est un point clef, un désir aussi, car l’Église est en situation de fragilité avec la présence de nombreuses sectes et une présence musulmane forte. Ce qui frappe, c’est la consistance du déroulement des réunions, le lien à la revue CU, l’impact de la traduction en malgache des textes pour rejoindre des personnes aux périphéries qui ne maîtrisent pas le français. La SVE est bien en lien avec l’Église locale, les Évêques des diocèses, les jésuites présents. Il y a un vrai souci missionnaire (action / contemplation) et une participation réelle à la vie de la Famille par la cotisation que chacun paie. Questions pour le Conseil SVE : Quelles sont les participations aux actions sociales ? Comment favoriser une formation intégrale pour former des acteurs dans la société comme dans l’Église ? Comment préparer Madagascar à devenir une seule région autonome? Comment alors ouvrir notre Conseil à la présence d’un membre de Madagascar ?

Ile de la Réunion : 12 membres SVE uniquement sur l’île. Le lien avec les jésuites présents est bon ainsi que la reconnaissance ecclésiale. L’importance du dialogue interreligieux est soulignée. La question du lien à l’île Maurice se pose. Pour le moment, nous n’avons pas de nouvelles de l’île Maurice.

Algérie : Après le décès de Jean Belaid en avril 2014, il reste Rose-Marie, âgée et malade, avec qui nous maintenons des contacts par mail.

Belgique : La SVE est fragilisée par des départs et le vieillissement des membres, mais elle est en réorganisation pour vivre un nouveau départ sur le diocèse de Tournai (seul diocèse où la SVE est présente). La Belgique représente un contexte de sécularisation accélérée qui n’est pas favorable à l’appel. De ce fait, la SVE ne se développe pas. Les membres ont du mal à cotiser et cela pose question : Comment mieux dire ce que nous faisons des cotisations ? Christian pense pouvoir présenter plus clairement l’utilisation des cotisations SVE.

Il y a eu un changement du lieu des rencontres, plus visible. Il y a le souhait de faire se rencontrer les prêtres SVE comme on fait des rencontres spécifiques « couples ». Nous constatons qu’il n’y pratiquement plus d’entrée en PCJ sauf les Africains, mais il y a Émile et Clément pour la SVE. Cela nous a donné l’envie que la revue CU creuse ce thème : pourquoi choisit-on la SVE plutôt que l’ISF ou l’ISM ou les PCJ ?

France :

Région 05 : Souci du vieillissement et de la distance pour faire des rencontres de fraternité au niveau d’une des fraternités. Les groupes sont visités par la responsable régionale qui a insisté pour que les responsables de groupes utilisent le manuel des responsables.

En Gironde, nous notons qu’il y a beaucoup de catéchumènes et que cela pourrait être un lieu d’appel.

Pour toute la Famille CU, en Gironde et Charente, une journée, le 31 janvier 2016 : « Approfondir le charisme de la Famille », pendant laquelle Annie Mazouau a renouvelé son engagement au cours de l'Eucharistie dans sa paroisse, tenue par la communauté de l’Emmanuel : rencontre féconde et bien soutenue par le curé de la paroisse entre l’Emmanuel et la SVE.

Une journée SVE pour les groupes de la Gironde et celui de Dax : « Reboire à la source »: les fondateurs, le Projet de Vie, l'appel des nouveaux.

Chaque année, les groupes de Poitou - Charente se retrouvent en réco.

Des groupes ont des personnes regardantes depuis longtemps, bien impliquées dans le projet de la SVE, mais qui ne se décident pas à franchir le pas vers une formation et un engagement.

Un responsable de formation régional n’a pas pu être trouvé. Néanmoins, une journée de Formation animée par la responsable régionale et une des deux responsables de fraternité a été organisée: le matin pour les 2 personnes en formation et l'après midi pour 3 regardantes auxquelles se sont jointes 2 personnes des Charente, avec des échanges et des questions très intéressants.

France région 04 : dynamisme de la région pour des temps de rencontre en FCU sur divers thèmes, mais, là encore, problème du vieillissement et de l’existence de personnes isolées. Il y a une volonté de garder le lien avec ceux qui sont engagés, mais ne viennent presque plus et une responsable de fraternité a été chargée de la responsabilité du lien.

La SVE participe aux rencontres des Associations de fidèles et des associations de spiritualité ignaciennes. Le désir d’une proximité avec les Filles du Cœur de Marie est exprimé. Un lieu de rencontre plus facile pour réunir les personnes a été proposé à St Étienne pour les personnes de Lyon, Valence, Le Puy.

France région 03 : contrairement aux autres régions, peu de jésuites sont présents d’où peu de contacts. Les équipes SVE sont ici mixtes avec les PCJ et vieillissent. On a pu renouveler les responsables de fraternité et un beau rassemblement régional a eu lieu en novembre dernier autour du thème: « La juste place de l’homme dans la création ». Il y a des contacts avec les évêques. Peu d’initiatives autres pour se faire connaître.

France région 01 et 02 : les deux régions se sont regroupées en une seule d’où grosse région de 120 personnes environ sur 15 diocèses, avec une vingtaine de groupes. Plusieurs centres spirituels ignaciens favorisent les contacts avec la famille ignacienne. Un effort de réorganisation a été mené pour accueillir les isolés. La vie SVE est centrée essentiellement sur la vie de groupe, mais il y a le souhait très fort qui se concrétise pendant ce premier semestre 2016 de faire des temps de rencontre SVE par fraternité ou même par secteur de fraternité quand celle-ci est grande. Jusqu’alors, les rencontres se faisaient uniquement dans le cadre de la Famille Cor Unum. La formation des personnes (quatre et bientôt six) est portée par le responsable régional et le responsable de formation. Il y a une dynamique d’engagement, y compris définitif, dans cette région. Le dimanche 6 mars 2016, il y a eu à Chartres 5 engagements perpétuels et 3 engagements temporaires. Dans cette région, il y a une dizaine de personnes regardantes.

Questions.

Les régions 04 et 05 ont fait remonter au 202 des remarques auxquelles il n’y a pas eu de suites, en particulier sur la revue Cor Unum. Comment le national reprend et donne suite aux remontées des régions ?

6 - Renforcement des relations internationales

Des questions et des souhaits:

Comment renforcer les liens entre toutes nos régions ? En recevant les réponses au questionnaire, nous avons été saisis par ce qui se vit hors d'Europe. Et nous pouvons en rendre grâce. Il nous semble important d'avoir des outils et des documents qui soient traduits en plusieurs langues, de poursuivre des visites pour mieux connaître ce qui se vit ailleurs, afin de s’enrichir mutuellement de nos expériences et de notre vécu, en SVE, en Famille Cor Unum, dans la société où chacun est inséré et cherche à vivre de l’Évangile.

Une présence plus importante dans les instances décisionnelles serait à développer, à inventer peut-être avec les moyens de communication actuels, sans qu’il y ait obligatoirement des déplacements trop fréquents vers ces instances décisionnelles.

Madagascar : Nuno y va en avril avec Annie Rogier de l’ISF. Le Projet de Vie SVE en malgache est en attente de sa couverture pour la finalisation.

Pérou : Nous repérons une attention et un projet concret autour de l’écologie, moins dans l’engagement social aux périphéries.

Mexique : il y a bien un groupe actif au Mexique. Il faudra y aller si une visite au Pérou se fait en 2017.

Afrique : Nuno a vu François Cléret (PCJ, ancien responsable du développement de la Famille) qui est très en lien avec la Famille en Afrique. Ils ont pris la décision que Nuno aille à Ouagadougou pour rencontrer la Famille C.U. présente au Burkina, au Togo et dans d'autres pays de la région, en juillet 2016. Cette rencontre se fera dans la cadre d’une retraite spirituelle donnée par un prêtre burkinabé membre des PCJ à Ouagadougou au Burkina Faso.

Vietnam : Christian a trouvé une traductrice efficace. Le questionnaire et les vœux sont en cours de traduction, d’où le retard des réponses pour le rapport.

Inde : Le rapport de mission d’Emmanuel Chazot nous fait prendre conscience de la réalité de la SVE dans le sud de ce pays.

7 - L'avenir

Nous nous demandons depuis quelques années comment favoriser un style propre à la SVE ? Dans quelle instance y réfléchir ? Les Instituts de vie consacrée ont la CNIS mais, du coté SVE, nous n'avons pas de lieu de réflexion.

Christophe Decherf a pu contacter Mgr Garnier qui a accompagné la réflexion de la SVE après la mort de Mgr Delaporte: mais il est en fin de mission, fatigué et se désinvestit. Il ne souhaite pas continuer auprès de nous.

Quel contact prendre ? Dans la mesure où la SVE n’appartient pas aux Instituts de vie consacrée (CNIS), il est important de trouver un lieu de partage. Il faut chercher les réalités les plus proches de notre statut.

Le GVE : il existe bien un groupement de vie évangélique (GVE) depuis 40 ans. Par internet, nous avons constaté qu’il s’agit surtout de fraternités de laïcs associés à des congrégations religieuses. C’est différent de nous, mais nous pensons les contacter pour évaluer si cela pourrait être un lieu de partage pour la SVE.

Nous comptons aussi sur le PAS ignatien et nous avons récemment contacté les responsables.

L’appel : La question de l’appel, et plus particulièrement des jeunes, reste posée. Comment faire connaître notre Famille et la SVE ?

La communication : site internet et dépliant. Christian travaille sur le site internet, le blog et sur les dépliants. Nous serons en mesure de présenter des outils actualisés d'ici juin 2016.

Voici

- le mail de la SVE : svecoeurdejesus@gmail.com.

- le site de la SVE : svecoeurdejesus.com.

Le Projet de Vie SVE est traduit en malgache.

Forum ORSAY, WE SVE en novembre 2016 : Suite à notre rencontre de responsables, nous avons choisi ensemble le thème et proposons « Construire la paix pour vivre la fraternité ».

Accord de R. Valette et de Soeur Claire Patier pour l’apport sociologique et théologique. Nous avons prévu 7 ateliers avec les franciscains, ATD/Quart monde, Pax Christi, San Egidio, un groupe qui réfléchit sur le dialogue interreligieux, des actions de solidarité internationale... le tout avec une pédagogie et des outils concrets qui pourront être partagés et utilisés par la suite. En soirée, un théâtre-forum.

8 - Finances : budget prévisionnel SVE 2016.

Christian présente le budget de la SVE en même temps que celui de la Famille et des instituts.

9-Au sein de la Famille Cor Unum.

Il est important que la SVE soit présente dans les différentes commissions de la Famille.

Commission retraites : Nelly le Doaré du groupe du Mans rejoint cette commission. Elle a fait plusieurs retraites organisées par la Famille et y a eu des responsabilités en tant qu'animatrice.

Commission formation : Gwennola en fait partie.

Commission économique : Christian en est membre.

Revue Cor Unum : Deux membres de la SVE sont membres du comité de rédaction.

Commission développement de la Famille. Cette commission n'est plus active, mais il est important de la relancer sous une autre forme et de voir ensemble les conditions de chaque mission. Les missions doivent se faire en concertation avec toutes les composantes de notre Famille.

Nous devons réfléchir au soutien que nous pouvons apporter aux régions les plus démunies.

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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 14:02

Dimanche 6 mars 2016

Béni sois-tu, Seigneur !

Oui, béni sois-tu de nous avoir patiemment guidés vers ce jour où nous avons prononcé nos engagements, ensemble !

Réunis dans la chapelle des sœurs de St Paul de Chartres, nous avons célébré les engagements définitifs de Marianick, Judith, Laurent, Erik, Sébastien, reçus par Gwennola et Nuno, et les engagements temporaires de Mélanie, Rémi, Isabelle (renouvellement) et moi-même reçus par Jean-René.

Engagements mûris au fil des années, des partages, de la prière, des encouragements mutuels, des joies et des chagrins ; en frères, nous cheminons sous le regard bienveillant du Seigneur. L’émotion était palpable… de part et d’autre !

Les neuf membres d’une équipe qui s’engagent le même jour, ce n’est pas si courant : souffle léger au regard du monde, mais présence signifiante de vie en Église, notre belle Église !

En ces temps où quelques raideurs nous font parfois souffrir, un laïc recevant l’engagement définitif d’un évêque, Mgr Laurent Percerou, évêque de Moulins,

la richesse de la vie en SVE permet cela !

Merci à tous ceux qui sont venus nous entourer de leur présence fraternelle, frères en SVE, amis, enfants, soutien priant des PCJ et de discrètes religieuses venues partager cette célébration avec nous.

Merci également à Mgr Michel Pansard, l’évêque de Chartres, notre évêque, qui a présidé l’Eucharistie avec chaleur et simplicité. L’Évangile de l’enfant prodigue nous a invités à nous remettre en confiance dans les bras du Père ; c’est une grâce que d’avoir vécu cet engagement ce dimanche-là et en cette année de la Miséricorde.

Le Cœur de Jésus ne cesse de nous aimer, puissions-nous toujours garder en nous ce désir de vivre au cœur du monde en témoins patients et joyeux de son amour et de sa Parole, Lui qui est notre Source, notre Vie !

Sylvie,

Fraternité SVE de Chartres

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 09:14

FORUM SVE FRANCE/BELGIQUE.

LES 19 et 20 NOVEMBRE 2016

au centre de la Clarté Dieu à ORSAY (91) - près de Paris -.

Comment contribuons nous en tant que chrétiens à construire une société plus pacifique ?

Interviendront : René Valette économiste qui a été président du CCFD Terre Solidaire,

Claire Patier Bibliste .

Des ateliers /carrefours avec des associations qui agissent dans la société civile au "vivre ensemble" seront proposés,

une soirée conviviale est prévue avec une animation "théâtre forum",

Pour les membres de la SVE, merci de retenir dés à présent cette date. Des informations complémentaires seront transmises ultérieurement.

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 09:05

« Chacun de nos actes fait ou défait notre solidarité de tous les jours »

Ce thème qui avait été choisi par un mouvement d'action catholique pour sa campagne d'année, il y a de nombreuses années, a souvent accompagné ma vie personnelle et professionnelle. Cette phrase toute simple m'a permis de discerner que parole et actes ne peuvent qu’aller ensemble. Que l’essentiel, c’est l’Évangile car il est le message de Dieu aux hommes, mais il ne devient perceptible que lorsqu’il est vécu, dans notre imperfection et nos limites, avec la force de l’Esprit.

Que mon agir découle d'une écoute de la Parole de Dieu dans la prière. Le Dieu d'amour qui vient rejoindre son peuple et qui s'est manifesté pour nous en son fils Jésus Christ.

Cette phrase m'a fait réfléchir sur la transmission de la Parole dans un monde ou beaucoup ignorent les bases culturelles du christianisme. La crédibilité de la bonne nouvelle de l’Évangile ne dépend-elle aujourd’hui en bonne part des témoignages des hommes et des femmes qui agissent au nom de leur foi et veulent mettre leur vie en conformité avec la parole que nous voulons annoncer ? Ce n’est pas pour rien que Jésus guérissait et ne se contentait pas d’enseigner. On aura "vu" l’Évangile avant de l’entendre.

Bien sûr notre témoignage ne se suffit pas à lui même, il y a la force invisible de l’Esprit qui travaille sans que nous sachions comment, dans le cœur des gens. Dans la dynamique des Béatitudes, les paroles prononcées par Jésus sur la montagne ne nous invitent-elles pas à diriger parfaitement la vie ?

Aujourd'hui de nombreuses personnes non chrétiennes partent comme volontaires de la solidarité internationale mettre leurs compétences dans des actions de développement en Afrique, Amérique du Sud, Asie, dans les secteurs de la santé, l'agriculture, l'enseignement … Beaucoup de ces projets sont initiés par des congrégations religieuses, des services diocésains, Caritas internationale... Des volontaires de retour de mission m’ont un jour posé la question : pourquoi les chrétiens s’intéressent-ils ainsi au développement et aux questions sociales ? Je leur ai répondu, que si Dieu s’est fait homme en Jésus et qu’il est mort sur la croix, c’est que tout homme est digne et compte à ses yeux ,surtout les plus fragiles.

Cette même question pourrait être posée par des volontaires du Secours Catholiques et par tous ceux qui travaillent dans des services accueillant des personnes en difficultés ici en France et en Europe.

Lorsque l’Église se rend proche par des hommes et des femmes qui agissent dans le monde au nom de leur Foi, elle offre un beau témoignage à toute l'humanité. Elle questionne les hommes et les femmes et n'est-ce pas là une amorce de conversion ?

C'est le sens du message de l'assemblée générale de la famille Cor Unum « dans un élan renouvelé , nous sommes appelés à témoigner dans le monde du trésor que nous portons dans des vases d'argile , Jésus le Christ. Et pour la SVE « de promouvoir l'Evangile en plein monde »

Je vous propose une petite méditation de la lettre de St Jacques Apotre :

« Mettez la Parole en pratique, ne vous contentez pas de l’écouter : ce serait vous faire illusion.

Car si quelqu’un écoute la Parole sans la mettre en pratique, il est comparable à un homme qui observe dans un miroir son visage tel qu’il est, et qui, aussitôt après, s’en va en oubliant comment il était. Au contraire, celui qui se penche sur la loi parfaite, celle de la liberté, et qui s’y tient, lui qui l’écoute non pour l’oublier, mais pour la mettre en pratique dans ses actes, celui-là sera heureux d’agir ainsi. » (Jc 1, 22-25)

Et la fin je la laisse à notre Pape François : « La vie chrétienne est « simple » : écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique, en ne se limitant pas à « lire » l’Évangile, mais en se demandant de quelle façon ses paroles parlent à notre propre vie. »

Nuno Fernandes

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